Journal imagé

Journal de bord de la vie qui passe

05 mars 2007

Combat de chiens

Hier je suis allé faire une petite balade en moto avec quelques amis. La randonnée nous a conduit vers un plan d'eau réputé dans notre région et le soleil rendait la journée agréable. Tout se passait pour le mieux quand des cris se sont fait entendre près de la plage. Au début, je n'y ai pas prêté attention, pensant tout simplement que des jeunes s'amusaient, jusqu'au moment où nous sommes arrivés à la hauteur de ces jeunes. Là les cris se sont faits plus vifs, des pleurs, des hurlements ... L'inquiétude commençait à se faire sentir lorsque j'entendis crier "séparez-les" puis "il faut le tuer" et que j'ai aperçu des gestes violents en direction du sol.
Je commençais à penser que quelqu'un se faisait tabasser et j'ai donc décidé de m'approcher pour voir s'il était possible de porter secours. Finalement, je constatais que deux chiens de grosse taille ; un Rottweiler et un Amstaff (American Staffordshire) se livraient un combat sanglant. Le plus gros des deux, l'Amstaff, tenait par la gueule le Rottweiler qui ne pouvait pas lutter contre cette mâchoire puissante et les maîtres de ces braves chiens n'arrivaient pas à les séparer.
Difficile en effet de séparer deux molosses en combat. Je savais que le seul moyen de faire lâcher un tel animal était de l'attraper par les testicules et des les lui tourner. La douleur provoque alors une surprise à l'animal qui lâche sa proie un instant. Mais quand j'ai mieux observé, je me suis aperçu que l'animal avait plus peur qu'autre chose, notamment à cause des coups violents qui lui ont été porté par ses maîtres impuissants et désemparés. Je décide donc d'employer une méthode moins douloureuses mais tout aussi efficace, l'étranglement. Je demande donc au propriétaire qu'il me donne une corde. Je passe la corde autour du coup du chien délicatement (je n'avais pas envie de me retrouver prisonnier de cette impressionnante mâchoire à mon tour) puis fais un nœud coulant. Je commence à tirer doucement pour ne pas blesser le chien et l'effrayer encore plus, puis ressers progressivement le nœud. Au bout d'un bref instant, le chien commence à sentir qu'il risque de manquer d'air et relâche son étreinte dans un esprit de survie naturel.
Grand soulagement pour tous, propriétaires des bêtes mais surtout des passants effrayés par ce spectacle impressionnant
pour leurs enfants qui profitaient de cette belle journée de printanière.
Je conseille aux jeunes maîtres des chiens de les conduire rapidement chez un vétérinaire afin de soigner les blessures des deux bêtes, voire de trouver une solution radicale pour que ce genre d'accident ne se reproduise pas. Une jeune fille qui avait voulue sauver son chien avait pris un coup de dents sur les doigts. Ses blessures semblent superficielles, mais je lui conseille tout de même de se rendre rapidement chez un médecin pour se faire désinfecter les plaies en profondeur. Je pense qu'elle aura un ou deux points de suture sur un doigt. Plus de peur que de mal pour elle en tout cas.
Entre temps, les passants effrayés avaient prévenu la gendarmerie qui arrivait sur les lieux au moment de notre départ. Ils étaient déjà au courant qu'un motard avait séparé les molosses. Je pense qu'ils ont intercepté les jeunes avant d'arriver sur place (la route qui mène à la plage est un cul-de-sac). Je vais donc à leur rencontre et répond aimablement à leurs questions.
Je suppose qu'ils me rappelleront pour faire une déposition ultérieurement ...
Enfin, je suis bien content d'avoir sauver la vie de ce chien, mais je constate que de tels animaux ne devraient pas être confiés à des gens sans expérience en matière de dressage. Les jeunes gens qui étaient pourtant des amis et dont les chiens étaient habitués à se côtoyer, n'ont pas été capables de gérer leur animal favori. Je suppose que l'Amstaff va être piqué ... Il n'est pourtant pour rien dans cette affaire à mon avis, il a certainement eu peur et a réagi d'une façon violente parce qu'il ne connaît pas d'autre solution. Les maîtres quant à eux ont eu le plus mauvais des réflex en frappant leur chien pour lui faire lâcher prise. Ils lui ont fait encore plus peur par leur coups. Pour l'animal, être frappé par ses propres maîtres a probablement été l'élément déclencheur de sa violence de plus en plus intense.

Posté par jdb_photos à 16:29 - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

je suis entièrement d'accord avec toi pour dire que l'on ne prend pas un chien, surtout aussi massif, quand on ne sait pas s'en occuper...
Pauvres chiens... Mais tu as eu la bonne réaction :avec un animal, ce ne sont pas les coups qui vont le rassurer et le faire obéir...

A bientôt, pour des clichés ou des histoires plus "légères"...

Posté par marie, 05 mars 2007 à 17:02

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